Mylène ne comprenait pas l'attitude soudaine de Loreleï, à rester de marbre là, en plein milieu du trottoir. Immédiatement, elle s'empressa de savoir ce qu'il n'allait pas, mais Loreleï ne décrocha pas un son. Le regard de Mikaël croisa le sien et là, ce fut le déclic. Celui ci fit un sourire carnassier accompagné d'un hochement de tête comme pour dire « Eh ! Te voilà ! » avant de traverser le passage piéton pour, elle s'en doutait bien, la rejoindre et jouer le pot de colle. Sans prévenir, Loreleï se mit à courir dans l'autre direction afin de mettre la plus grande distance entre elle et ce fou à lier. Mylène courait après elle tout en criant désespérément de l'attendre, ne comprenant strictement rien à ce qui lui prenait soudainement de vouloir partir ainsi. Loreleï tourna un instant la tête et constata avec effroi que l'autre crétin de roux cavalait lui aussi, ce qui incita ses jambes à aller plus vite. Les trois personnes bousculaient des gens sur leur passage sans le vouloir, emporter par la vitesse. Du coup, ils eurent droit à une flopée d'insultes qui les laissèrent relativement indifférent, étant bien trop concentré par la folle poursuite. Plusieurs mètres plus loin, Mylène réussit finalement à rattraper son amie et l'embarqué dans une rue sombre et déserte, où seul un chat grignotait une arrête de poisson. Légèrement énervé, la blonde prit la parole :
- J'exige des explications ! Qu'est ce qui te prends à courir comme ça ? Sans même m'en donner la raison ? Il y a visiblement quelque chose qui ne va pas alors je compte sur toi pour me le dire !
Essouffler, Loreleï se confondit en excuses :
- Je suis désolé de ne pas te l'avoir dit mais il fallait que je fasse vite tout de suite. Apparemment on la semé...
- Qui ça ? Il y a quelqu'un qui chercher les ennuies avec toi ? Dis le moi ! Comme ça je lui règle son compte et on en parle plus !
- Arrête tes bêtises, je n'ais pas envie que tu finisse en...
- Eh ! J'y serais depuis longtemps alors ! C'est mon métier, je m'y connais. Je frappe mais je ne laisse aucune trace...
- T'es dangereuse comme fille toi !
- Il ne faut pas me chercher, c'est tout. Et je ne supporterais pas que quelqu'un face du mal à ma meilleure amie ! Je pense que c'est un sentiment tout à fait normal non ? Combien de fois déjà tu ma tirer d'affaire ? Il est peut-être temps que je te remercie pour tout ce que tu as fait pour moi non ?
Oui. Mylène avait un métier bien particulier. Le genre de métier que l'on ne dévoile pas en public. Tueuse à gage... C'était ça. Une vrai pro du massacre... C'est alors que Mikaël apparu au coin de la rue, stoppa sa course et se tourna vers les femmes qu'il avait prise en chasse. Enfin, il n'y en avait qu'une qu'il voulait bien sûr. Voyant le regard apeuré de sa camarade, Mylène se retourna pour faire face au perturbateur, la mine sévère. Le rouquin observa un moment sa victime, puis porta son attention sur son « garde du corps » avant de repartir sans demander son reste. Apparemment, la présence de Mylène l'avait dérangé. Il voulait l'attraper quand elle serait seule dans un coin afin que personne ne puisse la secourir. Avec un rictus, la blonde s'exclama :
- C'est ce crétin de première qui t'importune ?
Loreleï répondit par un simple hochement de tête. Mylène poussa un soupir et pris un air compatissant avant de reprendre :
- Ecoutes ! Je te jure que s'il touche ne serais-ce qu'un seul de tes cheveux je le réduit en charogne pour les corbeaux d'accord ? Alors arrêtes de penser à ce type et allons nous amuser un peu... Tu veux ?
Loreleï eu un sourire timide à la simple évocation du sort que lui réservait son amie à l'autre imbécile et en effet, bien ridicule de ce faire un sang d'encre pour si peu. Mais au fond, Mylène se doutait un peu qu'elle n'attendrait pas qu'il vienne encore renifler le parfum de Loreleï pour le liquider. Cependant, elle se garda bien de le dire. Le restant de la journée, elles firent les boutiques de disques sur la demande de Loreleï qui tenait à tout prit à s'acheter la collection de Rammstein. Cet enthousiasme ne put qu'enchanter Mylène qui la suivait de bon c½ur. Du coup, elle vint avec une pile de CD à la caisse, tandis que la caissière la regardait avec des yeux ronds en demandant d'un ton surpris :
- Vous avez gagné au loto ?
- Euh... Non. Pourquoi ?
- Pour rien, pour rien...
Le soir, quand chacune fut rentrée à son logis, Loreleï écoutait ses nouveaux disques en boucle. Elle avait un petit faible pour Asche zu Asche. Les paroles la faisait sourire étant donné qu'elle n'était pas croyante pour un sous. Bien au contraire, elle se montrait même impie ce qui agaçait un certain nombre de personne de son entourage mais elle n'en avait cure. Pour elle, c'était tout bonnement des balivernes. Et dire que ses grands-parents avaient été des parfaits cul-bénit qui ne pensait qu'à aller à la messe tous les samedis. Mais le pire là dedans, c'est quand elle était en vacances là-bas, et qu'on l'obligeait à venir. Une fois, elle avait même fait une crise pour ça. Entrer dans une église pour prier ? Mais ça ne va pas bien dans votre crâne d'½uf ? Voilà une petite partie de la philosophie à Loreleï. Sinon, « Wo bist du ? » était vraiment pas mal non plus. Après avoir écouter au moins trois fois chaque album, elle décida de se claquer un DVD afin de savoir à quoi s'attendre dans une semaine. Le live de Volkerball ! Trop puissant ! Décidément, elle avait hâte d'y être ! Dans combien de temps déjà ? Une semaine ? Mais c'est long ça ! A une heure de matin, Loreleï songea enfin d'éteindre les feux sinon elle serait dans les vapes le lendemain et ne saurait sûrement pas faire la différence entre un « do » et un « sol ». Malgré la fatigue qui l'envahissait, elle ne parvenait pas à fermer un ½il, et retint la leçon. Ne jamais écouter du Rammstein avant d'aller se coucher ! Du coup, elle gardait les yeux fixés sur le plafond blanc, à attendre que ça se passe. Deux heures du matin et toujours pas endormis. Deux heures et demi... Trois heures... Punaise dans cinq heures elle serait de nouveaux debout ! C'est vers quatre heures seulement qu'elle réussit à s'assoupir.
Le réveil fut difficile, et au travail, tout le monde remarqua qu'elle n'avait quasiment pas dormis cette nuit. Claude lui fit remarquer :
- Dis donc ! Vous en avez une de mine aujourd'hui ! Vous avez fait la fête toute la nuit ou quoi ?
- Non, j'ai écouté de la musique, pour être franche.
- Ah bon ? C'était quoi ?
- Rammstein !
- Beurk !
- Eh ! On ne critique pas ce groupe ok ? Il est génial ! Répliqua soudainement un professeur de piano nommé Tanguy.
- Ah ! Tu aimes ça aussi toi ? Demanda Loreleï avec un grand sourire.
Et voilà la conversation qui ne cessa de tourner que là dessus, jusqu'au moment où ils se rendirent comptent que les élèves attendaient leur cours de musique. D'autant plus que Loreleï avait un cours de violon électrique à donner, comme tous les mardis en fait... Précipitamment, elle se dirigea vers sa salle de cour et s'excusa un certain nombre de fois avant de commencer véritablement la leçon. Elle fit passer un par un les dix élèves présents. Seulement quatre d'entre eux savait jouer à la perfection, les autres, elle devaient les faire reprendre le morceau une bonne douzaine de fois avant d'être à peut près satisfaite. Mais le dernier, ce fut le pire sans doute. A peine effleurait-il les cordes de son archet qu'un son perçant et insupportable résonnait dans la pièce ce qui incitait tout le monde à se plaquer les mains sur les oreilles. Légèrement irrité, Loreleï demanda brusquement :
- Tu as appris ton cours de la dernière fois au moins ?
- Euh...
- Non... Evidement...
La professeur poussa un soupir d'exaspération avant de reprendre d'une voix ferme :
- Comment veux-tu progresser si tu n'apprends pas ? Tu peux m'expliquer ? Tu crois peut-être que j'ai appris à jouer d'un instrument de musique en un claquement de doigt ? Mais ça ne se passe pas comme ça mon petit... Il va falloir y donner un peu du tiens...
Le soir arriva bien vite, et après avoir souhaité une bonne fin de journée à ses employés, Loreleï se dirigea vers le parking, et quel ne fut pas sa stupéfaction en constatant que sa voiture n'y était plus. Sur le coup, elle ne compris pas, et crut qu'elle l'avait garé ailleurs mais non... Maintenant qu'elle y réfléchissait, elle l'avait belle et bien mise ici avant de rentrer à l'école de musique. L'évidence parut, et la musicienne laissa tomber ses affaires sur le sol et le va les bras au ciel pour les laisser retomber en s'exclamant d'une voix forte :
- Putain ! On a piqué ma caisse maintenant !
C'était vraiment rare qu'elle disent des grossièreté, mais là, c'était sortit tout seul... Et elle continua à s'énerver et a beuglé toute seule...
- Non mais c'est pas possible ! Toutes les semaines il y a un truck ! La semaine dernière, j'ai eu le feu chez moi, la semaine d'avant on m'as cambriolé... Non mais vraiment ! Et après on va essayer de me faire croire que Dieu existe ? Mais bien sûr... S'il y a quelqu'un là haut, il se fout bien de nous en tout cas ! Et de moi en particulier même si je ne pense pas être la seule ! Bon, c'est bon... Je vais aller perdre quelques heures à la police... Ca tombe bien, je n'avais que ça à faire !
Autant dire que le restant de la soirée fut fort joyeux et qu'elle dut rentrer en taxi. De toute façon, Loreleï ne se faisait pas d'illusion... Etant donnée la chance qu'elle avait, elle pouvait dorénavant ce fixer un nouvel objectif : acheter une nouvelle voiture... Parfois elle se demandait si elle ne ferait pas mieux de prendre un tas de tôle comme Mylène, au moins, elle aurait moins de chance pour qu'on la lui escamote ! Pour la peine, elle tira une tête pas possible en rentrant. Bah ! Qu'a cela ne tienne ! Mardi prochain, elle verrait le super groupe de métal allemand... Et à cet simple pensée, elle retrouva le sourire.
_____________________________________________________________________________Alors, tout d'abord, je voulais remercier ce qui apprécie ma fic' ça fait plaisir =)
Et surtout, ça m'encourage à continuer ^^
Sinon, la longueur des chapitres vous correspond t-elle ? Ou il faudrait plus court ? Je demande ça parce que il y en a peut-être qui ont la flemme de tout lire xD